Puisque vous me demandez mon avis, le Sanisiège pourrait être nominé haut la main au prix de l’invention la plus stupide de l’humanité, toutes catégories confondues.

Ma société s’est équipée de ces bidules récemment, alors que nous disposions à ma plus grande satisfaction de lunettes de chiottes des plus conventionnelles, dans un état neuf et d’une propreté correctement entretenue. Après quelques semaines de pratique, je peux témoigner : entre effet sur l’environnement et risque d’accidents du travail, le sanisiège a tout gagné.

Récapitulons :

1)    Ils ont remplacé des lunettes de chiottes qui ne demandaient qu’à continuer à servir. Je ne pense pas que ce genre de matériel se donne à Emmaüs, et nous avons donc un bon gros tas de déchets sur les bras (au minimum une bonne soixantaine de lunettes de chiottes dans le bâtiment, tout de même)

2)    Le bidule n’est manifestement pas standard, d’où un mauvais accrochage et le risque d’accident du travail qui s’en suit. Sans parler du préjudice moral causé à l’employé, tenu d’expliquer à un médecin du travail hilare les conditions dans lesquelles il s’est fracturé le coccyx

3)    Le dit bidule est donc en plastoc jaunasse, équipé d’un petit moteur, et nécessite une quantité de consommables ahurissante (vous savez, le petit film plastique protégeant notre derrière des petits microbes, dont on n’a d’ailleurs jamais prouvé à ma connaissance qu’ils généraient des risques sanitaires tels qu’ils nécessitent un équipement pareil) : bref, consommation de ressources et de pétrole, et production de déchets à transporter et traiter (vous croyez que ça se recycle, le film plastique usagé d’un sanisiège ?). L’environnement ne s’en porte donc que mieux

4)    Le même bidule nécessite apparemment des réglages d’orfèvre. Pour ceux que j’ai utilisés, j’ai eu le choix entre une recharge vide, un réglage trop court, ou trop long : le plastique fait le tour de la lunette 3 fois et en désespoir de cause, après 1 minute d’attente la culotte sur les talons, les jambes légèrement fléchies et les fesses à l’air, vous vous asseyez alors que le plastique entame son 4e tour, provoquant l’arrachement du système.

5)    Quant à la propreté, qui est tout de même l’argument massue du Sanisiège, on en reparlera : après une période d’approche, la majorité silencieuse de mes collègues a eu le réflexe plutôt sain de se dire qu’il n’était pas nécessaire de remplacer le film plastique en quittant le lieu, puisque tout successeur normalement constitué allait probablement appuyer sur le bouton par précaution en arrivant. Conséquence, l’utilisateur arrivant au petit coin tombe sur une lunette de chiotte emballée dans un plastique usagé, constellé de… enfin bref, constellé.

Nous ne remercierons donc jamais assez Sanisiège pour sa contribution à l’évolution du genre humain et accessoirement à l’enrichissement de ses actionnaires sur le dos de l’environnement. Et nous attribuerons un accessit bien mérité à tous ces responsables des services généraux qui ont l’intelligence de croire à l’utilité de cette plaie.

Voilà un post bien essentiel.